2011/01/06
Adieu les résolutions, bonjour les promesses
Cette année, je n’ai pas pris de résolution.
Pourquoi?
Parce qu’on ne les tient jamais. Ou presque.
En fait, remplacez le « on » par un « je ». Je ne les tiens jamais. Ou presque. Je ne sais pas pourquoi. Il y a comme quelque chose d’innée : c’est un peu comme tout le reste, on procrastine, on remet à demain, au surlendemain.
Habituellement, il y a des échéances qui surviennent. Pour le travail. Pour les études. On a des compte à rendre à une autorité quelconque.
Dans le cas des résolutions, c’est, essentiellement une entente, un contrat avec nous-même.
Et le problème, ce n’est pas que je ne me respecte pas assez pour ne pas faire de résolutions à moi-même et de tenir les dites résolutions. Non. C’est que je suis un mauvais négociateur avec moi-même. Je réussis à assouplir les règles. À trouver des arguments, des raisons, des explications qui semblent valide pour lever la dite promesse. Résultat? Oui, pas de résolutions non tenues. Mais pas de résolution tenues non plus. Ou presque.
J’ai l’impression que le concept de « résolution » permet une interprétation peut-être un peu trop libre. Je ne sais pas…
Alors, cette année, on les met de côté. Des résolutions pour 2011? Aucune.
Par contre, il y a des promesses.
Un petit changement sémantique. Une résolution, ça s’annule, ça se met de côté. Pas une promesse. Il y a quelque chose de sacré là-dedans. Chose promise, chose due. Alors, en ce début de 2011, j’ai choisi cette formule. Une espèce de « résolution » en version 2.0 que, cette fois, je serai moralement obligée de tenir.
Et je suis chargé d’espoir d’y parvenir…
En espérant que je n’attende pas en décembre pour m’y mettre. Parce que, généralement, ce qu’on dit qu’on va faire en début d’année, ce n’est généralement pas des petits trucs…
2010/12/31
Les dernières fois de 2010
On est dans la dernière ligne droite.
Je ne sais pas pour vous, mais, moi, j’appelle ça, la série des « dernières fois ».
Exemple? Ce matin, je me suis levé, une dernière fois, en 2010. J’ai pris une dernière fois mon déjeuner cette année. Cet après-midi, j’irais, une dernière fois prendre une marche ou écouter un film. Ce soir, j’aurai le plaisir de boire mes dernières bières de l’année.
Et je pourrais continuer longtemps. Mais je pense que vous saisissez ce que je veux dire.
Il y a comme un petit plaisir à faire ces clins d’œils. Ces dernières fois. Peut-être parce que je sais, justement, que ce ne sont pas des vrais dernières fois. Je déjeunerai encore demain (pour la première fois en 2011). Je ferai, de nouvelles fois, tout ce que j’ai fait (et ferai) aujourd’hui. Parce, qu’au bout du compte, la finalité de l’année n’est, à mon sens, qu’une finalité intellectuelle : l’année est finie, une autre commence, la vie continue.
Si j’avais réellement des « dernières fois » à vivre? Des vraies « dernières fois »?
Alors, je ne pense pas que je les prendrai aussi à la légère.
Et, assurément, je me choisirais quelque chose de mieux que deux toasts, avec confiture, accompagnés d’un verre d’eau, pour le déjeuner…
2010/12/19
En vacances pour un week-end…
Les fins de semaine de vacances…
Quand on étudie, on se dit « Il faudrait que je fasse mes travaux scolaire ». Puis, on décide de ne pas les faire et on se lance dans une farniente coupable.
Quand on est travailleur autonome, on se dit « Il faudrait que je prenne de l’avance sur mes contrats de la semaine prochaine ». Puis on décide de ne pas le faire et on se lance dans une farniente tout aussi coupable qu’à l’époque de nos études.
Quand on est travailleur non autonome, on se dit « Qu’est-ce que je vais faire, ce lundi, avec ce dossier que j’ai dû laisser en suspend vendredi ». Puis on décide de ne pas y penser et on se lance dans une farniente légèrement moins coupable que dans les deux cas précédents.
Et quand on est en vacances?
On se remémore tout les moments où on se lançait dans une farniente coupable, à l’époque où l’on était étudiant, à nos semaines chargées de travailleur autonome, ou pendant ces moments où l’on n’était pas en vacances.
Puis, voulant se lancer dans une farniente entièrement astreinte de toute forme de culpabilité, on remarque que notre lieu de vie est dû pour un ménage en profondeur, que certaines zones de notre habitation doivent être réparées et, qu’au fil des farnientes coupables, on a repoussé certaines tâches quotidiennes…
Et on met de côté notre farniente non coupable pour aller travailler.
Vive les vacances!
2010/12/15
Petite histoire d’une mauvaise adresse
Ce matin, je me suis trompé d’adresse.
Une erreur toute simple. Profondément anodine. Mais ô combien frustrante.
Vous l’avez sûrement déjà vécue.
On est en retard. Le lieu du rendez-vous, un rendez-vous toujours crucial, est plutôt éloigné. Résultat : on saute dans un taxi. Notre budget est limité : on avait pas prévu être en retard, ce qui fait qu’en poche, on a le montant suffisant pour la course, sans plus. On se lance. Le taxi roule, rapidement, rondement, au gré de conversations météorologiques, vers la destination.
On y est.
Cinq minutes en avance. Rien de moins.
Satisfaction.
On entre. Surprise. Les locaux ont changés. Le nom de l’endroit qu’on devait visiter n’est plus affiché. Crainte. Inquiétude. On s’avance un peu dans le bureau. Aucun indice. On s’enquiert auprès d’une employée. Le verdict tombe… Les bureaux ont déjà été ici : notre esprit n’errait pas entièrement, l’erreur était prévisible. Mais les bureaux n’y sont plus. Ils sont plus loin. Pas si loin, mais assez loin tout de même.
On sort. Débité.
Évaluation de la situation : argent? Montant insuffisant pour reprendre un taxi. Temps disponible avant le rendez-vous, crucial? Trois minutes. Distance, à pied, entre l’ancien et le nouveau bureau? Vingt minutes, en marchant rapidement. Option alternative : prendre l’autobus. On a un peu de change… Évaluation rapide : pas de trajet disponible pour ce déplacement… Soupir de frustration. Température? Bruine. Neige fondante. Rien de bien agréable… Mais il faudra bien marcher.
On se lance.
On marche. Rapidement.
On évite, de peine et de misère, les assauts répétés d’automobiles et de camions, armé de l’eau qui inonde le bord de la voie.
On approche, après une quinzaine de minutes de marche, de la destination. Heureusement : le bas des pantalons est trempé. Notre jambe est lourde. On arrive à ce rendez-vous, crucial, en retard, en sueur et trempé.
On accélère la cadence. On entre dans le nouvel édifice, avec 20 minutes de retard.
On souffle un peu. Et on se met en quête du local, car, nécessairement, la nouvelle destination est un immeuble à bureau.
Retard additionnel.
Puis, on trouve, on se lance. On rentre dans les bureaux pour ce rendez-vous, crucial. Personne. Le retard était-il excessif? Peut-être. Mais, s’ils n’étaient plus là, la porte n’aurait pas été ouverte… Au sol : un tapis pour les bottes. Les miennes sont trempées. Est-ce qu’on les enlève? Le temps de se lancer dans cette réflexion qu’on entends un léger bruit de clavier d’ordinateur, un peu plus loin, au fond…
On avance, tranquillement. Une dame est en train d’écrire.
« Est-ce que c’est ici, les nouveaux bureau? J’ai rendez-vous? ». La réponse? « Oui. C’est avec moi, le rendez-vous. Vous êtes en retard. Mais je vous ai attendu. Je me disais que vous étiez probablement allé à nos anciens locaux… »
2010/12/08
Moment de bonheur un lendemain de tempête
Lendemain de tempête.
Je me promène à pied.
Je suis content. Je suis privilégié. Certes, j’ai bien une automobile, cachée à quelque part, au fonds d’un stationnement, mais pour les prochains jours, elle peut bien rester enneigée.
Heureusement.
Je pars, le matin, vers le boulot. À pieds.
Je croise nombre de gens. La pelle à la main. Le sourire bien loin des lèvres, à rager contre cette tempête qui change du tout au tout leur routine matinale. Qui complique le départ. En fait, qui le double, sortir, pelleter, suer, rentrer, prendre une douche, repartir. Pour ceux qui font, à coup de pelle, un chemin à leur véhicule, bien entendu. Les autres? Soit ils sont chanceux, réussissent à traverser, après quelques lancées, les bancs de neige. Soit ils en restent prisonniers. Plus prisonniers encore qu’avant leur tentative ratée. Le sourire encore plus loin des lèvres.
Et moi, je marche. Je regarde. Et je suis bien content.
Arrivé au bureau, mon contentement est double. Je suis à l’heure. Je suis au poste. Le travaille avance. Paisiblement, rythmé par le passage des camions du déneigement sur la route, devant la fenêtre. Et puis, un à un, pressés, stressés, mes collègues arrivent. Non seulement le départ fut difficile. Mais la route le fut, encore plus. Déplacements lents. Dérapages. Accumulations de neige. La routine matinale était déjà longue, le chemin déjà trop prolongé… Il l’est encore plus, ce matin. Et, en plus, il faudra revenir…
Moi? Je reviendrai à pieds.
Et je me sens privilégié. En ce matin de décembre, oui, privilégié. Pourquoi? Parce que je peux faire le choix d’être piéton.
Et, peu importe la température, de circuler à mes conditions.
2010/12/07
La neige tombe…
Aujourd’hui, il neige.
C’est beau, la neige. Un côté féerique. Un côté envoûtant, presque, à voir ces petits flocons qui tombent en dansant au gré du vent.
Et un petit côté « impossible de ne pas en parler ».
Qu’il y en ait un peu ou qu’il y en ait beaucoup, on dirait que c’est tout simplement impossible. Il neige, on en parle. Point. La première neige : c’est sur les lèvres d’un peu tout le monde. Un petit couvert blanc un matin de novembre, s’en est fait. Facebook. Twitter. Le dépanneur ou le café du coin. La neige est partout. Sur toutes les lèvres autant que sur toute les claviers. Même chose avec la première tempête… Ou la deuxième. Ou la troisième.
La neige a ce petit pouvoir de fascination, du moins, pour les premières semaines.
Parce qu’en février prochain, la neige ne sera plus poétique, envoûtante, féerique. La neige sera l’ennemi à abattre, le boulet de notre existence, bref, un fléau. Jusqu’à un certain point, cela dit… Parce que s’il en tombe assez, on passera de fléau à blague.
Ici, dans la Capitale, en 2008, il y a eu, quoi, 400, 500 centimètres de neige qui sont tombés.
C’était juste excessif.
C’était du grand n’importe quoi.
À un certain point, impossible de ne pas en rire. Les autorités municipales sont sorties pour commémorer le 400e centimètre de neige. Puis, on s’est dit « Jusqu’où ça ira ». Et ça a continué, continué, continué. On ne savait plus où la mettre. On ne savait plus quoi en faire. Mais, à ce stade là, c’était juste drôle…
Puis, un beau jour, la dernière neige est tombée.
Ne me demandez pas pourquoi, on savait, collectivement, que c’était la dernière neige. La dernière fois, pour quelques mois, qu’on allait croiser ces joyeux flocons.
Et, à ce moment : on a bouclé la boucle.
La neige était redevenue poétique.
2010/12/06
Apologie du désordre
J’hésite fortement à faire le ménage de mon bureau.
Il faut que je le fasse, certes, mais, pour une seule raison : parce que, dans le passé, j’ai ramassé mes papiers, je les ai rangés.
Le problème?
Quand on range, on perd. C’est clair, c’est lipide.
Je ne sais pas pour vous, mais, de mon côté, quand je range, je me dis toujours « Je vais mettre ça à quelque part où je le perdrai pas ». Et je réfléchis. Et j’ai une idée. Et je vais y placer l’objet, ou les objets, feuilles ou autres. Puis, je passe à autre chose.
Quelques jours, quelques semaines, quelques mois plus tard, j’ai besoin du dit élément. Je sais que je l’ai rangé, mais où? Quelle est la logique qui m’a amenée à choisir tel ou tel endroit?
Tel un investigateur, je dois me lancer. Tenter de reproduire ma ligne de pensée. Élément par élément. Jusqu’à ce que je déterminer quelques lieux que je puis ensuite fouiller, pour, éventuellement, réussir à retrouver l’objet.
L’avantage du désordre? Pas besoin de se demander où chercher. Tout est là.
Des fois, je me dis que plutôt que de ranger un bureau, que de tenter de classer les éléments par ordre alphabétique, par type de document ou de n’importe quelle autre façon, on devrait plutôt avoir des « zones de désordre ».
On classe les documents : importants ou inutiles (exemple : mon bail versus une des coupons qu’on reçoit perpétuellement par la poste). On jette les coupons (certes!) et on garde le bail. Où on le met? Dans une filière « bail », à l’intérieur d’une autre filière « papiers importants », à quelque part dans une bibliothèque? Non. On le met dans la filière « papiers à garder ». Tout simplement. Et lorsqu’on a besoin du bail (ou de papiers d’impôts, ou d’un contrat, ou d’un relevé de comptes)? On regarde dans la filière « désordre » et c’est sûr qu’il y est.
Simple, non?
Sûr que ce serait probablement moins compliqué, à terme, de créer une organisation et de la conserver, de manière permanente. De toujours placer tel ou tel papier important dans la filière à papiers importants. De toujours bien ranger les éléments, les placer aux endroits où ils doivent être… À court terme, peut-être complexe. À long terme? On y gagne. Plus de fouilles archéologiques pour retrouver un bail, un contrat, un relevé de compte… C’est ce qu’on pourrait oser appeler une « solution intelligente ». Ou « une pensée à long terme ».
Mais, malheureusement, on vit dans une société du court terme.
Alors, en ce sens, c’est moins compliqué d’avoir un coin « désordre », non? Et puis, les papiers d’impôts, on en a besoin qu’une seule fois par année…
2010/12/05
Prémices
À quoi ça sert un blogue?
Je dois l’avouer, j’en ai déjà quelques uns. Des blogues sérieux (ou d’intention sérieuse). Des blogues de travail, des blogues journalistiques (voir le blogroll à côté). Des occasions d’écrire en lien avec mon travail. Agréable, certes. Mais difficile d’écrire pour se défouler… C’est bien, d’écrire à l’occasion pour quelque chose. Mais c’est agréable aussi d’écrire pour rien. De juste s’installer devant une page blanche (virtuellement parlant, bien entendu : je ne me verrais pas écrire à la machine) et juste de taper des mots, qui, éventuellement, forment des phrases pour, en cours de route, en arriver à un texte qu’on espère vaguement cohérent.
Alors voilà, Écrire pour écrire, ce sera mon terrain de jeux. Un terrain de jeux fondamentalement inutile (du moins, je l’espère, parce que, sinon, cette antre deviendra un peu comme mes autres blogues, articles et autres : utile).
Bien entendu, à cela, il faut tout de même formuler une question : qu’est-ce qu’être inutile. Je veux dire, pour moi, il y aura utilité à ce blogue : être inutile. En soi, cette fonction le rendra utile, voire même nécessaire. Peut-être que pour vous, ô lecteur courageux, le blogue sera également utile (pour une raison nébuleuse) par son inutilité… En ce sens, est-ce que, déjà, le concept lancé est inadéquat? Peut-être… Mais je vais faire mon gros possible pour faire semblant que ce n’est pas le cas, que j’arrive, hors de tout doute, hors de tout questionnement, à respecter l’esprit de départ de l’aventure (n’importe quoi)…
Qu’est-ce que vous découvrirez ici? Des textes sur rien. Des textes sur tout.
Qu’est-ce que je découvrirai ici? Honnêtement, aucune idée. Presque de l’écriture automatique, en fait. Mais sans tomber dans le conceptuel (du style « artefact, hippopotame, épormyable tourment de l’espace indicible, défi drabe et troublant dont Zeus seul pourrait transformer en tourment », etc. etc. etc.). De l’automatique quotidien. Des questionnements. Des réflexions. Des observations. Vous voyez : un concept large. Quitte à, même, se donner le droit de faire, une fois ou deux, du conceptuel… Qui sait.
Alors, voilà. Les prémices sont lancées. Bienvenue. Et à la prochaine.